L’évangélisation n’est pas un projet, c’est une mission
Père Dominique Le Quernec, recteur-doyen de Carnac
1/ Fondements bibliques et théologiques de la Mission
Dans la finale de Saint Matthieu, Jésus, dit : « de toutes les nations, faites des disciples, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ». Dès lors, on voit que ce n’est pas une option, mais un commandement de Jésus à ses disciples. Au passage remarquez qu’après trois années d’école auprès de Jésus les « disciples » ont appris à écouter Jésus ; c’est seulement après la résurrection qu’ils deviennent ensuite « apôtres » pour témoigner.
Jésus nous apprend que nous sommes les enfants bien-aimés de son père : le savoir, en prendre conscience, c’est la condition fondamentale pour entrer dans cette relation filiale. Or, la foi reçue de nos ancêtres est un cadeau, une grâce, elle est un trésor dans un vase d’argile, une lumière vive portée par une bien pauvre chandelle. Nos parents qui nous ont baptisés pour certains d’entre nous très jeunes, avant que nous en ayons conscience, nous ont transmis ce qu’ils avaient de plus précieux, la Foi.
Comme à son entrée aux Rameaux aux portes de la Ville Sainte, nous sommes les ânes de Dieu, nous le portons à nos frères ; mais comment mener vers l’eau un âne qui n’a pas soif !?.. Eh bien, en l’accompagnant d’un âne qui a soif.
Révéler à chacun la dignité qui est la sienne est un acte de profonde charité, qui peut lui permettre de devenir ce qu’il est : comme disait Saint-Augustin, « deviens ce que tu es » ; pour monter au sommet, d’une tour, il y a l’ascenseur, l’escalier, ou l’escalade par la façade à la force des bras : proposer l’ascenseur (le Christ) est un acte de charité et d’humanité de la part de ceux qui savent qu’il y a un ascenseur. Laisser quelqu’un monter à la force de ses bras et prendre ainsi des risques sans lui révéler l’existence de l’ascenseur, c’est de la rétention d’information, de l’égoïsme, voire une posture meurtrière.
Or, dans l’Évangile de ce jour Jésus s’adresse à la Samaritaine en la priant de Le désaltérer alors qu’il sait que c’est elle qui a soif de l’eau vive de l’amour. Ce faisant, il lui révèle sa dignité (à elle) en même temps qu’Il lui révèle sa nature divine. L’eau vive provient d’une source qui est le Père, Jésus la transmet comme un canal sans obstacle, et l’eau termine dans les champs qu’elle irrigue (l’Esprit Saint) avant que ne lèvent les fruits. Or, que devient l’eau reçue du baptême ? La grâce passe par nous et elle est là pour s’écouler... (si possible sans obstacle).
2/ Nos Fraternités sont missionnaires
En soi, par leur nature et leur composition, le fait même de rassembler en leur sein des chrétiens engagés ou en recherche, de leur permettre de faire l’expérience de vivre ensemble dans la confiance et la confidentialité, de recevoir et partager la même nourriture de la parole, les fraternités révèlent à leurs membres qu’ils sont déjà en mission, fidèles à leur vocation baptismale d’enfants de Dieu (ou appelés à recevoir le baptême).
En fraternité, il se crée une émulation inter-personnelle par l’engagement de chacun qui nous aide à nous engager à notre tour : nous devenons alors « disciple-serviteur ». Or, il peut être plus facile de passer du statut individuel de « disciple-serviteur » engagé dans la paroisse à « disciple-missionnaire » en s’appuyant sur ses frères et sœurs de fraternité.
Cette expérience de vie fraternelle est un signe du réveil spirituel et missionnaire de nos communautés : elle donne envie à d’autres de nous rejoindre, à condition qu’elle soit visible. Il ne s’agit pas de faire table rase des options pastorales du passé en s’imaginant remplacer l’ancien par du neuf mais plutôt de se mettre à l’écoute ensemble pour avancer plus loin dans l’ouverture, l’accueil, l’intégration des nouveaux-venus ou de ceux qui sont isolés.
La Fraternité peut ainsi grandir à son tour, en proposant à ses membres de devenir missionnaires tous ensemble. (Vous aurez du temps ensemble tout à l’heure en petit groupe pour partager sur « comment être missionnaire tous ensemble »).
Je peux néanmoins vous donner deux idées qui me sont chères :
- Vous savez que nous avons presque 70 clochers sur le doyenné dont 13 chapelles avec des « comités de chapelle », qui les font vivre matériellement, et qui contribuent à l’entretien de ce riche patrimoine du Morbihan. Ils savent très bien organiser des moments festifs autour du pardon de leur chapelle, mais ils sont parfois dépourvus pour animer leur pardon, au plan spirituel ou liturgique, car beaucoup se disent éloignés de la vie paroissiale ou de la pratique dominicale. Il pourrait alors être intéressant que des Fraternités offrent leur parrainage à ces comités de chapelle pour s’associer à l’organisation matérielle et logistique de ces comités (pour apprendre à connaître mieux les personnes qui font vivre ces chapelles) et assurer à l’occasion de leur pardon une animation liturgique, spirituelle, paroissiale
- Une autre piste, pourrait être de profiter de cette chance que nous avons dans le diocèse de disposer d’une école de formation et ainsi de suivre ensemble en fraternité une formation parmi les scholae Athénée.
3/ Les remontées des idées de mission en fraternité provenant des groupes de partage
- Avoir un pin’s qui identifie notre frat’ pour se reconnaître en paroisse
- Être à à l’accueil et à la sortie de la messe dominicale
- Préparer un pot d’accueil à la sortie de la messe une fois par trimestre ou un repas partagé à l’intention des personnes isolées
- Être un support d’animation de messe pour le Curé, notamment pour la messe du 15 août
- Proposer à notre Curé, l’animation de la messe du 19 avril à Locmariaquer et d’autres messes en juillet à St Philibert
- Reprendre les conférences du Père SONNET sur le « problème du mal et la souffrance » et se mettre à 2 ou 3 de la fraternité pour organiser une conférence de formation sur ce sujet.
- Organiser un mini-pèlerinage au moment des pardons de 4 chapelles, soit 4 pardons/an
- Prévoir en frat une activité, une animation ou une sortie avec des personnes âgées
- Proposer notre aide ponctuelle auprès d’une association d’entraide laïque
- Organiser de temps à autre un déjeuner paroissial avec des personnes isolées, ce qui suppose d’être attentif à les identifier
- Dans les pardons de Chapelle : animation, d’un temps de prière pendant l’Avent
- Proposer une soirée de partage avec des gens loin de la foi à partir d’un film comme « The Chosen »
- Prévoir une soirée fraternelle avec des catéchumènes
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Retour de la rencontre annuelle des FPM du doyenné
3ème Dimanche de Carême, le 8/03 à Carnac-Locmaria (50 participants de 12h30-16h30)
TEMOIGNAGES
Dimanche 8 mars nous avons participé à la réunion des Fraternités Missionnaires du doyenné de Carnac. Nous étions une cinquantaine de participants représentants une quinzaine de fraternités. Après un mot d’accueil pour nous inviter à nous mélanger, nous avons partagé nos repas. Notre table réunissait des personnes de Crac’h, La Trinité et Saint Philibert. Ensuite nous avons reçu un enseignement du père Dominique sur notre rôle de missionnaire, et comment le remplir. A suivi une réflexion sur les actions que nous pouvions mener, et sur un petit questionnaire sur le fonctionnement de nos fraternités respectives, et sur notre ressenti.
La journée s’est conclue par une prière commune.
Ce fut une belle journée de rencontre et d’échanges.
Un participant.

Le dimanche 8 mars les 3 Fraternités de l’ensemble paroissial Crac’h (Saint Mathurin, Sainte Apolline) Locmariaquer et Saint Philibert (Saint Isidore) se sont retrouvées à Carnac, dans la chapelle de Locmaria, après la célébration dominicale de Saint Cornély, pour une journée de partage avec les autres fraternités du doyenné.
Une douzaine de fraternités étaient représentées.
Après un enseignement du Père Dominique Le Quernec, notamment sur l’importance de l’Esprit missionnaire de nos fraternités, nous avons échangé sur le déroulement d’une soirée de rencontre, et sur les missions envisagées.
Les échanges dans une fraternité se déroulent dans un climat de confiance et confidentialité. Nous prions les uns pour les autres, pour nos paroisses et pour nos prêtres. Chaque fraternité décide de ses thèmes de rencontre.
Différentes missions ont été évoquées :
Animation de messes par la fraternité Sainte Isidore (Locmariaquer le 19 avril, Saint Philibert le 17 juillet),
Une sortie pour découvrir les chapelles locales avec une animation spirituelle en rapport,
Un projet de conférence à Notre Dame du Ster sur « Peut-on donner un sens au mal et à la souffrance »,
Inviter un ou plusieurs visiteurs à nos réunions.
Pour « donner soif et envie » à ceux que nous rencontrons, le Père Dominique a donné de la vie chrétienne l’image très parlante d’un fleuve dont
le Père est la source,
Jésus est le lit du fleuve,
l’Esprit Saint est l’eau qui jaillit de la source,
et le delta l’eau qui rayonne pour abreuver le maximum de personnes.
Un participant.
